Après deux manches, le Championnat Woodland avançait déjà sur un fil tendu.
Tigres (180 points) menait la danse, talonnés par Rabot (170) et Crack (160), tandis que ADL, ECC et Loustic complétaient un classement encore trompeur, certaines équipes n’ayant disputé qu’une seule manche.
Des forces bien établies
Les Tigres, doyens du plateau, incarnent l’expérience. Fondé en 1993, le club s’appuie sur un socle solide et un capitaine vice-champion du monde Pro en 1999.
ECC, seconde grande écurie, représente le terrain Europaint. Actifs en forêt comme en sup’airball, portés par un capitaine compétiteur depuis les années 1990 et multiple champion de France, ils avancent avec méthode et ambition.
Crack, fidèle au championnat, progresse saison après saison. Collectif stable, souvent discret, mais toujours capable de transformer un match en piège.
Rabot, enfin, incarne la jeunesse : rapide, généreuse, imposant un volume de tirs constant, parfois au détriment de la maîtrise.
Pour cette troisième manche, seules quatre équipes étaient présentes, mais quatre équipes engagées et de bon niveau.
Un cadre idéal
Privé de l’équipe de Select, le championnat s’est tout de même installé sur leur terrain Vietnam. Un terrain très technique, aux deux côtés bien distincts, exigeant lecture du jeu et discipline collective.
Sous un soleil omniprésent, avec une température étonnamment clémente pour janvier et un premier match lancé à 10h30, tout était réuni pour une journée parfaite.
L’arbitrage, assuré par les joueurs eux-mêmes, permit d’aligner 8 à 10 arbitres sur le terrain, favorisant un jeu sans contestations. Grâce à Christophe, représentant de la Fédération, et à son épouse en charge des scores, talkies, chasubles et porte-voix permirent de tenir le planning sans jamais mettre les équipes sous pression.
Un matin sous domination ECC
Après leur victoire lors de la seconde manche, ECC arrive avec l’intention d’imposer sa loi.
Les Tigres, d’abord en difficulté face à Crack, parviennent à limiter les dégâts. Mais ECC, avec un roster renouvelé, frappe fort : Rabot est balayé, puis les Tigres subissent à leur tour le meme sort.
Solide, mature, avec encore plus de communication et de volume qu’à l’habitude, ECC s’installe en tête à la pause.
Tigres et Crack peinent, Rabot ne parvient pas à déployer son jeu.
Le réveil du leader
Mais le format impose des matchs aller-retour, et la pause déjeuner agit comme un électrochoc.
Les Tigres ajustent leur lecture du terrain et changent de tempo.
La réponse est immédiate : un “Max” (100–0) infligé à Crack.
ECC réplique en infligeant le même sort à Rabot.
Le match retour ECC–Tigres devient un sommet tactique. Les Tigres, dominés le matin, signent un 88–12, preuve d’un affrontement serré où ils préfèrent raccrocher plutôt que de s’exposer face aux joueurs ECC encore en jeu.
Crack frappe ensuite fort contre Rabot, ne concédant qu’un seul joueur.
Les Tigres, un peu moins tranchants, parviennent eux aussi à raccrocher face à Rabot.
Le coup de théâtre
Avant le dernier match, ECC semble tenir la journée. Malgré trois victoires l’après-midi, les Tigres paraissent promis à la seconde place.
Mais avec méthode et sang-froid, fidèles à leur réputation d’équipe à ne pas sous-estimer, Crack réussit à raccrocher contre ECC.
Un résultat décisif, qui fait basculer le classement du jour.
Verdict
Au terme de la manche :
- Rabot termine 4e, sa plus mauvaise performance de la saison
- Crack s’empare de la 3e place
- ECC prend la 2e place
- Les Tigres, qui peuvent remercier Crack, remportent la manche pour 13 points sur 600
Au classement provisoire :
- Tigres : 280 points
- Rabot : 240 points
- Crack : 240 points
- ECC : 190 points (meilleure moyenne avec deux manches disputées)
- ADL : 120 points
- Loustic : 60 points
La quatrième manche est désormais attendue avec impatience, avec l’espoir de voir arriver des équipes belges, allemandes, bataves ou suisses, et peut-être le retour des triples champions en titre, les Enemy.
Une chose est certaine : le championnat est désormais totalement ouvert.